L'Arabie saoudite a tenté d’effacer les preuves du meurtre de Khashoggi

Actualités | Publié le Mardi 06 Novembre 2018 à 15:10:57 | |
 

L'Arabie saoudite a envoyé un toxicologue et un expert en chimie à son consulat à Istanbul après l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi avec pour mission de faire disparaître les preuves de son assassinat.  

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L'information relayée par la BBC émane d'un haut fonctionnaire turc. Les Saoudiens admettent que le journaliste a été tué le mois dernier dans le consulat, mais leurs récits ont changé du tout au tout sur ce qui s'est réellement passé.

 

Les enquêteurs turcs pensent qu'il a été étouffé puis démembré. Deux de ses fils ont lancé un appel lors d'une interview dimanche avec CNN. Il demande que le corps de leur père soit rendu pour l'honorer.

 

 

"Tout ce que nous voulons maintenant, c'est l'enterrer dans le cimetière de Medina (Arabie Saoudite) avec le reste de sa famille", a déclaré Salah Khashoggi dans une interview à Washington.

 

"J'en ai parlé avec les autorités saoudiennes et j'espère que ça arrivera bientôt", a-t-il ajouté.

 

Khashoggi, un critique des dirigeants saoudiens, a été tué à l'intérieur du consulat d'Istanbul le 2 octobre après une visite pour obtenir les documents nécessaires à son mariage.

 

Les dernières confidences

Les propos tenus lundi par le haut responsable turc font écho à un article paru dans le quotidien turc Sabah, selon lequel l'Arabie saoudite aurait envoyé le chimiste Ahmed Abdulaziz Aljanobi et le toxicologue Khaled Yahya al-Zahran dans le cadre d'une opération visant à effacer les preuves du meurtre au consulat.

Le journal affirme que l'équipe a visité le bâtiment tous les jours du 12 au 17 octobre, avant de quitter le pays trois jours plus tard.

 

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Les derniers rapports sur la mort de Khashoggi datent du même jour où l'Arabie saoudite comparaît devant un groupe d'experts des Nations Unies sur les droits humains à Genève.

 

Le président de la Commission saoudienne des droits de l'homme, Bandar al-Aiban, a déclaré au tribunal que le roi Salman avait chargé les procureurs d'enquêter sur ce meurtre et de traduire les auteurs en justice.

 

Que disent les Saoudiens ?

Le récit officiel de ce qui est arrivé à Khashoggi a changé plusieurs fois depuis sa disparition.

 

Dans un premier temps, les autorités saoudiennes ont dit qu'il quitté le consulat vivant, puis qu'il était mort dans une bagarre, avant de qualifier sa mort de "meurtre" prémédité à la suite d'une bagarre.

 

Le procureur général d'Istanbul, Irfan Fidan, qui dirige l'enquête, a déclaré la semaine dernière qu'il pensait que le journaliste avait été "étouffé" immédiatement après son entrée dans le bâtiment le 2 octobre, avant que son corps soit démembré.

 

 

Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré que l'ordre de le tuer venait "du plus haut niveau du gouvernement saoudien", mais, soulignant les liens "amicaux" de la Turquie avec l'Arabie saoudite, il a déclaré qu'il ne pensait pas que le roi Salman était impliqué.

Plus d'un mois après sa mort, le corps de Khashoggi n'a toujours pas été retrouvé. Yaskin Aktay, assistant principal de M. Erdogan, a déclaré qu'il pense que son corps a pu être dissous dans de l'acide.

 

Jusqu'à présent, 18 hommes ont été arrêtés par les autorités saoudiennes dans le cadre de cette affaire. La Turquie veut que les suspects soient extradés, mais l'Arabie saoudite a maintenu qu'ils seront poursuivis au niveau national.

 

Qui était Khashoggi ?

Jamal Khashoggi a déjà été conseiller de la famille royale saoudienne, mais il ne s'entendait plus avec gouvernement et a dû s'exiler l'année dernière.

 

Il était devenu un critique les plus sévères du gouvernement saoudien et du prince héritier Mohammed bin Salman, qui a été le pionnier d'un ambitieux programme de réformes économiques et sociales.

 

Avant sa mort, cet homme de 59 ans vivait aux États-Unis et écrivait régulièrement pour le Washington Post.

 

 

Il s'est d'abord rendu au consulat saoudien à Istanbul le 28 septembre pour obtenir un document attestant qu'il avait divorcé de son ex-femme, afin de pouvoir épouser sa fiancée turque.

La procédure devait prendre plus de temps d'où son rendez-vous du 2 octobre au consulat.

 

Ce jour-là, sa fiancée, Hatice Cengiz, l'a attendu dehors pendant plus de 10 heures, mais il n'est jamais réapparu. Elle a alors donné l'alerte.

 

Elle a appelé la communauté internationale à prendre de "véritables mesures" pour traduire en justice ses assassins.