La combativité de Michaëlle Jean, les soutiens de Louise Muchikiwabo

Actualités | Publié le Mercredi 10 Octobre 2018 à 07:39:54 | |
 

A 24 heures du sommet, les deux rivales sont en tout cas sur place et se sont même chaleureusement saluées lundi. Michaëlle Jean, ancienne gouverneure générale du Canada née en Haïti, savait qu’elle ne partait pas favorite pour garder son poste. Mais elle s'est battue. Elle espérait encore pouvoir convaincre une majorité des 54 délégations de plein droit, sur 84 entités représentées au total, lors du huis clos prévu entre chefs d’Etat et de gouvernement vendredi.  

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Mardi soir, quelques chefs d’Etat africains semblaient encore encourager Michaëlle Jean à se battre jusqu'au bout, malgré le lobbying de la France. Il se murmurait que le Tunisien Béji Caïd Essebsi et le Malien Ibrahim Boubacar Keïta n'étaient pas hostiles à sa candidature. Bien que Mme Muchikiwabo ait reçu le soutien du comité des candidatures de l'UA le 28 juin dernier à Nouakchott, « IBK » avait d'ailleurs invité Mme Jean à Bamako le 22 septembre dernier.

Ces trois derniers mois, avant de changer son fusil d'épaule, le Premier ministre fédéral du Canada a tout fait pour défendre sa compatriote. Depuis la fin juin, il a téléphoné un par un aux chefs d'Etat africains, pour essayer de casser le consensus qui s'était formé à Nouakchott lors du sommet de l'UA. Mais en face, Louise Mushikiwabo a mené une campagne méthodique, avec l'aide décisive de son président. Et face à ce bloc africain, Justin Trudeau a commencé à douter.

En début de semaine, des éléments parus dans la presse canadienne ont commencé à se faire l'écho d'un doute dans l'entourage de Mme Jean. La France aurait même promis au Canada d'appuyer sa campagne pour un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU contre le retrait de sa ressortissante. L’un des enjeux : éviter que le sommet ne se retrouve parasité par la question du secrétariat général sur fond de désaccord entre les deux gros bailleurs de l'OIF.

Selon un dernier pointage effectué mardi soir à Erevan, Michaëlle Jean espérait encore pouvoir compter sur le soutien de quelque 17 à 18 délégations au sein de l'OIF vendredi, malgré les polémiques sur sa gestion financière. En dépit des critiques dont fait l’objet le Rwanda sur la question des droits de l'homme et sur son rapport complexe à la Francophonie, Louise Muchikiwabo aurait donc probablement le vent en poupe en cas de vote formel. D'où la décision du Canada.