Le meurtre de Khashoggi est un «crime haineux» selon le prince ben Salman

Actualités | Publié le Mercredi 24 Octobre 2018 à 22:30:57 | |
 

Lors du forum international sur l'investissement organisé à Riyad, le prince héritier Mohammed ben Salman a qualifié le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul de « crime haineux ». Les enquêteurs, de leur côté, s'intéressent au puits du jardin du consulat.  

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Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salman a qualifié ce mercredi de « crime haineux » le meurtre du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi au consulat du royaume à Istanbul. « Ce qui s’est passé est très douloureux pour tous les Saoudiens. Je pense que c’est un événement douloureux pour tout être humain. C’est un acte abject et injustifié », a-t-il estimé.

 

L'héritier du trône, qui s'exprimait lors de la conférence internationale sur l'investissement de Riyad, a déclaré que tous les coupables « devront rendre des comptes (...) et, à la fin, la justice prévaudra ». Il a également ajouté que l'Arabie saoudite et la Turquie travaillaient ensemble pour « obtenir des résultats » et « présenter les coupables devant la justice ». « C’est le devoir de n’importe quel Etat où se produit un acte aussi douloureux », a précisé Mohammed ben Salman.

 

Ces déclarations font suite à un entretien téléphonique avec le président turc Erdogan, le premier depuis le meurtre du journaliste. Selon une source de la présidence turque, lors de la conversation – qui s'est déroulée « à la demande » du prince héritier –, les deux dirigeants ont discuté d' « efforts communs »pour faire la lumière sur le meurtre de Jamal Khashoggi.

 

Le puits du jardin

 

Or, des zones d'ombre demeurent. Notamment celle du corps du journaliste, que les autorités turques s'efforcent de retrouver. La police turque s’intéresse au puits situé dans le jardin du consulat saoudien à Istanbul. Mais pour le moment, les enquêteurs n'ont pas reçu la permission de fouiller les lieux, selon l’agence turque Anadolu.

 

S'il veut prouver sa bonne foi, le prince héritier va devoir faire sauter les derniers verrous afin que l'enquête aille à son terme. Ce qui signifie aussi faire la lumière sur le commando accusé du meurtre de Khashoggi, sur le déroulé précis du drame. Et sur les commanditaires de cette opération, même s'ils naviguent dans les cercles rapprochés du pouvoir saoudien.

 

La France évoque des « sanctions »

 

La France prendra des sanctions « si la responsabilité de l'Arabie saoudite est avérée » dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et que les faits sont « corroborés par nos services de renseignement », a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

 

Plus tard dans la soirée, Emmanuel Macron a confirmé, après un entretien téléphonique avec le roi saoudien Salman, que Paris était prêt à prendre « sanctions internationales » contre « les coupables ». Lors de cet entretien, le président français « a fait part de sa profonde indignation face à ce crime et demandé au roi que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à ce drame », a écrit l’Elysée dans un communiqué.