Carrefour, qui supprime 2400 emplois, va verser 17 M€ à son ancien PDG

Politique | Publié le Vendredi 15 Juin 2018 à 07:26:47 | |
 

Avec Carrefour, j'optimisme. Le slogan est aussi vrai pour son ancien PDG. Georges Plassat, poussé par la retraite mi-2017 à 68 ans, qui a déjà perçu 13,17 millions d'euros en 2017, va toucher près de 17 millions d'euros en plus d'une retraite annuelle de 517 000 euros. Autant dire que l'assemblée générale des actionnaires, ce vendredi matin à Aubervilliers, s'annonce houleuse.  

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Ces sommes passent mal au moment où la chaîne d'hypermarchés supprime 2400 emplois au siège via un plan de départs volontaires et se sépare de 240 supermarchés jugés non rentables en France par le nouveau PDG Alexandre Bompart. Georges Plassat avait racheté ces ex-magasins Dia en 2014 pour une valeur d'entreprise de 600 millions. Ils baisseront leurs rideaux d'ici le 13 juillet. 

 

Rémunération déconnectée des résultats

La CFDT de Carrefour estime la rémunération de l'ancien PDG "déconnectée de la notion de résultats". Le quotidien les Echos affirme que le haut comité du gouvernement d'entreprise a écrit au conseil d'administration de Carrefour pour lui indiquer que la politique de rémunération des dirigeants du groupe n'était pas conforme aux règles de gouvernance du code Afep-Medef, des instances patronales.

 

La société de gestion Philtrust s'étonne de l'attribution d'une indemnité de non-concurrence de 4 millions d'euros qui "ressemble fortement à une indemnité de départ à la retraite". On imagine mal l'ancien PDG prendre, à 69 ans, la direction d'Auchan, Super U ou Intermarché. De leurs côtés, les actionnaires vont perevoir des dividendes d'un montant de 356 millions d'euros ce qui fait dire à la CGT que "les dividends explosent quand les salariés agonisent".

Le virage raté du drive

Alors que la grande distribution est dominée, sur le marché français par Leclerc 20,9 % de parts de marché selon l'enquête Kantar), Carrefour a longtemps misé sur le modèle des grands hypermarchés sans miser sur le commerce électronique et les drive, au contraire de Leclerc qui a multiplié les points de retrait en quelques années. Outre les réductions d'effectifs, Carrefour a réduit de 100 000 m² la surface de son réseau et a passé plusieurs hypermarchés en location-gérance. Carrefour tente aussi de rattraper son retard avec l'annonce cette semaine d'un partenariat stratégique avec Google qui permettra, dès 2019, de faire ses achats via l'enceinte connectée Google Home ou via l'assistant Google depuis son téléphone portable puis de se faire livrer. Un vrai pari pour retrouver un peu d'optimisme ?

 

Ladepeche.fr