Le transfert l'ambassade américaine à Jérusalem pourrait se faire dès mai 2018

Politique | Publié le Samedi 24 Fevrier 2018 à 12:23:01 | |
 

  C'est le 14 mai que les Etats-Unis devraient ouvrir leur ambassade à Jérusalem. Une date d'abord annoncée par la presse israélienne et américaine ce vendredi 23 février, avant d'être confirmée par des responsables américains. La volonté de transférer de l'ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem avait été annoncée le 6 décembre dernier par le président américain, reconnaissant Jérusalem comme la capitale d'Israël. Mais cette ouverture le 14 mai interviendrait plus tôt que prévu. Elle se veut en fait avant tout symbolique.

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Lors de sa visite à Jérusalem le mois dernier, le vice-président américain Mike Pence avait annoncé que l'ambassade des Etats-Unis en Israël ouvrirait à Jérusalem « avant la fin de l'année 2019 ». Ce calendrier semblait déjà rapide aux yeux de bon nombre d'observateurs. Finalement, l'administration Trump semble vouloir aller encore plus vite pour ouvrir sa nouvelle ambassade le jour où Israël célébrera le 70e anniversaire de la proclamation de son indépendance.

Une date hautement symbolique pour Donald Trump qui se présente comme le meilleur allié qu'Israël n'ait jamais eu. Un symbole auquel le président américain entend donc répondre par un autre symbole, car c'est une représentation a minima que les Etats-Unis auront en mai prochain dans cette ambassade à Jérusalem.

Une ambassade a minima

Dans un premier temps, il ne s’agirait évidemment pas d’un nouveau bâtiment avec toutes les fonctionnalités requises. En fait, l’ambassade s’installerait seulement dans les locaux du consulat américain à Jérusalem, pour une sorte d’intérim avec la majorité des services qui demeureraient à Tel-Aviv.

A partir du 14 mai, l'ambassadeur devrait ainsi avoir un bureau dans la Ville sainte. Mais le nombre de diplomates qui l'accompagneront à Jérusalem devrait à ce stade rester limité. L'ambassade en Israël est pour les Etats-Unis l'une des plus importantes dans le monde : elle compte près de 1 000 employés et le déménagement de tous les services devraient prendre plusieurs années.

Autre interrogation autour de cette annonce américaine : dans quelle partie de la ville les Etats-Unis entendent-ils installer leur représentation ? Là aussi, le symbole est important, les Palestiniens revendiquant l'Est de Jérusalem comme la capitale de leur futur Etat.

Par ailleurs, un milliardaire de Las Vegas se dit prêt à participer au financement de la construction d’un nouveau bâtiment dans la Ville sainte. En début d’année, Donald Trump s’était énervé contre le milliard de dollars dépensé pour la nouvelle ambassade à Londres. Alors un financement privé est-il envisageable pour Jérusalem ? Ce serait inédit, mais l’administration américaine actuelle n’est pas à une transgression près.

Un calendrier qui s'accélère

Reste que tout va bien plus vite que prévu. Ce calendrier express ne risque pas d’apaiser les tensions dans la région, et plus généralement au sein de la communauté internationale. En décembre 2017, à l’ONU, une très large majorité des pays avait voté contre la décision de Donald Trump.

Pour Jean-Paul Chagnollaud, professeur des universités et président de l'Institut de recherche et d'études Mediterrannée-Moyen-Orient (Iremmo), cette décision a toutes les chances de faire capoter le nouveau plan de paix promis par les Etats-Unis. « Vouloir transférer même de manière partielle et un peu symbolique, l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem au moment du 70e anniversaire de la naissance de l'Etat d'Israël, sera évidemment perçu par le monde arabe comme une forme de provocation. Cela va compliquer une situation qui est déjà extraordinairement complexe. Il n'y a pas beaucoup de monde qui croit à la réussite de ce plan de paix dont on ne connaît pas grand-chose. Les Palestiniens, on connaît leur position : ils estiment que les Américains ne sont plus en capacité d'être un "honnest brocker", un médiateur équilibré. Rajouté au scepticisme de la communauté internationale, ce transfert d'ambassade dès le mois de mai équivaut à se tirer une balle dans le pied, et renforce l'idée que ce plan de paix n'a aucune chance d'aboutir. »

 

 
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