Une jihadiste française condamnée à la perpétuité en Irak

Politique | Publié le Mardi 17 Avril 2018 à 13:28:10 | |
 

La jihadiste française Djamila Boutoutaou a été condamnée mardi à la prison à perpétuité pour appartenance au groupe Etat islamique (EI) par la Cour pénale centrale de Bagdad devant laquelle elle a plaidé avoir été dupée par son mari.  

>

 

Depuis le début de l'année, plus de 280 jihadistes étrangères ont été condamnées à mort où à la prison à vie par les tribunaux de Bagdad, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

 

"Quand je l'ai épousé, il était chanteur de rap, c'est en arrivant en Turquie que j'ai découvert que mon mari était un jihadiste", a affirmé en arabe cette Française d'origine algérienne de 29 ans à la cour.

 

Une fois en Turquie, "où nous devions seulement passer une semaine de vacances", "mon mari a été contacté par un homme nommé al-Qourtoubi", a-t-elle encore raconté.

 

"Je les entendus parler de départ vers la Syrie et l'Irak", a-t-elle dit et aussitôt, ils "m'ont enfermée dans une cave avec mes enfants" Abdallah et Khadija, a-t-elle encore raconté. "Mon mari m'avait dit 'je ne veux plus t'entendre' et il m'a forcé à rester dans cette cave".

 

Abdallah, dont elle n'a pas donné l'âge, a ensuite "été tué dans un bombardement", au cours de la longue et meurtrière contre-offensive des forces irakiennes pour repousser les jihadistes après leur percée fulgurante de 2014, a-t-elle dit. "Avant sa mort, je pesais 122 kilos, aujourd'hui, à cause de ma tristesse, je n'en pèse plus que 47".

 

Avant de commencer à l'interroger, le juge a demandé à la jeune femme qui s'est présentée en arabe comme "mère au foyer née en 1989" si elle était assistée d'un avocat.

 

Brandissant une lettre qu'elle a présentée comme celle "d'un avocat français nommé Martin Pradel transmise par (sa) mère", la jeune femme a indiqué ne pas savoir si son défenseur avait pu faire le déplacement.

 

A trois reprises, les huissiers de la cour ont appelé l'avocat français par son nom. Faute de réponse, le juge a assigné un avocat commis d'office qui a plaidé pour la clémence, arguant que Djamila Boutoutaou avait été forcée par son mari de rejoindre l'EI.

A la question du juge: "as-tu rejoint l'EI avec ton mari Mohammed Nassereddine et tes deux enfants?", la jeune femme qui a comparu dans un box grillagé en bois vêtue d'une tunique rose et d'un foulard marron, a répondu qu'elle l'avait fait contre son gré.