Marseille: une tribune pour demander la dépénalisation du cannabis

Société | Publié le Dimanche 08 Janvier 2017 à 15:09:16 | |
 

A la faveur de la campagne présidentielle en France, le débat sur la légalisation du cannabis est très présent. Dans une tribune parue ce matin dans le Journal du dimanche, 150 personnalités marseillaises dont deux députés socialistes, Patrick Mennucci et Marie-Arlette Carlotti, lancent un appel pour une légalisation contrôlée du cannabis en France, dans l’espoir notamment de mettre fin aux réseaux qui parasitent la ville et aux règlements de compte liés au narcobanditisme.

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Trente-quatre assassinats l’an dernier dans la région marseillaise et pratiquement tous liés directement au trafic de drogue. Le député socialiste Patrick Mennucci, aujourd’hui rejoint par des médecins, magistrats, militants associatifs ou encore des avocats et policiers, dénonce « l’échec de la prohibition », au micro de notre correspondant à Marseille, Stéphane Burgatt. « Nous avons un préfet de police qui est remarquable, explique Patrick Menucci, mais il est bien obligé de constater que chaque fois qu'il met une équipe sous les verrous, une autre prend la place... C'est sans fin !»

Pour les 150 signataires de cet appel à l’ouverture du débat sur la légalisation, Marseille est le symbole d’un enjeu national étroitement lié aux questions de santé publique. « Si les consommateurs pouvaient trouver leur joint du vendredi soir, que ce produit soit contrôlé dans sa qualité -parce qu'à Marseille quand vous fumez, vous pouvez fumer n'importe quoi, des copeaux de pneus ou pire des médicaments ! - si la personne peut se fournir légalement, vous comprenez bien que les réseaux mafieux vont tomber ! »

Selon leur analyse, la légalisation du cannabis permettrait en outre de créer des emplois dans l’agriculture, de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, à la faveur de la taxation et de donner plus de souplesse aux actions de préventions et de soin à destination des consommateurs. Un débat récurrent qui devrait nourrir les joutes de la campagne électorale, plusieurs candidats ayant déjà pris position en faveur de la légalisation contrôlée du cannabis comme Benoît Hamon qui a estimé que le trafic de drogue était la vraie « gangrène » des quartiers.